26.4.09

Le Coran (1/2)

Introduction


Pour les musulmans, c’est un objet de vénération. On n’écrit pas dessus, on ne met rien dessus. C’est la parole de Dieu.
Il faut se purifier pour le toucher. C’est le livre de Dieu.
Introduction

Il est révélé en arabe donc la traduction est considérée comme une ‘trahison’, c’est la raison pour laquelle le titre en français est souvent « essai d’interprétation du Coran inimitable ». C’est le livre pour les musulmans.

Dans la plupart des pays arabes, à l’école l’étude de la lecture et de l’écriture se fait sur le Coran. C’est ainsi le premier livre de lecture. On cherche à le mémoriser. Le Coran est également la langue de la prière : on aime à le réciter. C’est là que Dieu se dit.
A noter que certains versets ont des vertus attribuées: protection,…

1ère sourate : la Fatiha

Quand on lit des versets du Coran lors des cinq prières quotidiennes et des grands évènements, on débute toujours en lisant la première sourate : la Fatiha (c’est la sourate d’ouverture : eftah).
Bi simillah [Au nom de Dieu]
ar-rahman (*) [Le clément,]
ar-rahim. [Le miséricordieux.]
El hamdou lillah [Louange à Dieu,]
rab al’alamin(*) [Seigneur des mondes]
arrahman, [Le Clément,]
arrahim [le Miséricordieux]
Malika al yom el din [Le Roi du Jour du Jugement.]
Iaka ma’ boudou Iakanasta’in, [C’est Toi que nous adorons,]
Ihdina aç cirata al moustaquin [C’est Toi dont nous implorons le secours.]
Cirata allazina an’amra ‘alahin [Dirige nous sur la voie droite, la voie de ceux que tu as comblés de bienfaits]
Gheiri (excepté) al maghdouba ‘alahin ouala add’ahin [Non pas le chemin de ceux qui encourent ta colère ni celui des égarés (Ghdb : la colère).]

19.4.09

La doctrine développée après la mort de Mahomet (6/6)

Juste après la mort de Mahomet la doctrine musulmane va s’élaborer dans un contexte de combat. Défensif tout d’abord car la communauté est exposée : c’est la notion de petit jihad. (Le jihad majeur c’est le combat contre son ego, contre ses passions).


A Médine on se représente Dieu majestueux et transcendant, qui s’engage au côté de la communauté dans l’histoire et lui qui donne la victoire.
L’état embryonnaire constitué restera, jusqu’à aujourd’hui, le modèle nostalgique de l’état islamique (âge d’or à retrouver dans sa pureté).

Le Coran devient le critère dernier et définitif qui se suffit à lui seul. On déclare les écritures juives et chrétiennes falsifiées quand elles ne correspondent pas au Coran. Des prophètes traditionnels prennent alors de l’importance
  • Abraham, le prototype du musulman parfait.
  • Ismaël dont les musulmans disent descendre. (alors que l’ancien testament ne parle que d’Isaac(*))
  • Jésus et Marie qui font l’objet de plusieurs versets.
  • Et enfin Mahomet représentant le prophète par excellence et l’envoyé de Dieu. Il vient sceller la prophétie : il n’y a plus rien à attendre de la suite.
Le rapport avec les gens de l’Ecriture évolue :
En ce qui concerne les juifs de Médine, ces derniers sont jugés sévèrement et qualifiés d’ingrats. Ils n’ont pas cru en Jésus, et ont calomnié Marie. (sourate 2), alors qu’au départ ce peuple est considéré comme celui de l’Alliance et de la promesse.

Dans le Coran, Dieu fait alliance avec l’humanité en Adam (sorte de pacte monothéiste), l’Islam se veut donc religion naturelle.

Peu avant la mort du prophète, on se tourne vers La Mecque pour prier et non plus vers Jérusalem comme avant. De plus on pourra épouser une juive sans pour autant s’allier avec eux.
Les chrétiens, revanche sont assez bien estimés par la communauté musulmane (sourate 5, 82). Ce sont les plus proches par l’amitié.
Toutefois à cause de la foi en la trinité et le statut de Jésus dans les Evangiles, la ouma(*)se démarque rapidement des chrétiens.

12.4.09

4ième période : période médinoise 622-632 (5/6)

Médine veut dire la ville. C’était une grosse oasis. Il y avait deux tribus arabes et trois tribus juives.


Mahomet s’y impose comme chef et assez vite les deux tribus arabes se rallient à lui.
Il instaure un rapport de force dans la cité, où son camp rassemble sa maison (les 200 émigrés qui ont fuit la Mecque dont Abou Bakr et Omar les futurs califes) et les auxiliaires des deux tribus arabe de Médine.
D’abord, certains arabes de Médine trahissent le prophète tout en se disant musulmans. Ils sont désignés comme hypocrites dans le Coran et maudits. Puis les tribus juives qui s’inquiètent de son pouvoir tentent de s’opposer à lui.

Dans le même temps, Mahomet lance ses compagnons avec succès dans des razzias (pas moins de dix-neuf entre 622 et 623 contre les caravanes de la Mecque.) Il interprète ses victoires comme le signe que Dieu est à ses côtés.
Peu après, Mahomet fonde le pèlerinage à la Mecque pour le Dieu unique, et après avoir combattu victorieusement ses nobles retourne triomphalement dans sa ville natale.

Notons par ailleurs qu’il a eu au total une douzaine de femmes officielles dans sa vie (surtout pour des alliances politiques) et un nombre incalculable de maîtresses.

Mahomet meurt le 8 juin 632 dans les bras d’Aicha, sa femme préférée. Sa mort est importante car il n’a pas prévu sa succession.
Son cousin Ali, qui avait épousé sa fille Fatima, prétend à sa succession mais ce dernier sera écarté au profit d’Abou Bakr, l’un des 1ers compagnons, qui sera accepté comme calife.

5.4.09

3ème période mecquoise 619-622 (4/6)

La révélation de la troisième période mecquoise insiste sur l’échec humain contrebalancé par la toute puissance de Dieu.


Mahomet fait des expériences douloureuses.

En 619 c’est l’année des deuils : d’abord la mort de son épouse Khadîdja (qui fut d’un grand soutien moral), et mort de son oncle Abû Tâlib (qui l’avait recueilli enfant). Le nombre des compagnons n’excède pas 200 et le groupe doit faire face à des défections : Mahomet est dans une situation critique.

Mais peu de temps après il fait une expérience spirituelle, initiatique : celle du voyage nocturne de la Mecque à Jérusalem. Dieu fait rapprocher son prophète tout prêt de lui (notion significative pour les soufis).

Cette nouvelle vision renforce Mahomet dans un contexte historique difficile, et bien qu’un seul verset fasse allusion à cela dans le Coran, il sera très développé dans la tradition.

En 622, Mahomet constate que le message du Coran n’a plus d’avenir à la Mecque. Et face à de nombreuses difficultés il émigre avec ses compagnons vers Médine, c’est l’hégire, moment crucial pour les musulmans (ce sera le début du futur calendrier islamique).

Dans cette période, Mahomet recourt de plus en plus à la toute puissance de Dieu. Allah’ (le Dieu) est le terme qui va l’emporter dans le Coran. Dieu est le transcendant, rien ne lui est semblable, il est tout puissant (S 42, 11) .