Critères de la Révélation (3/3)
Sur quels critères, on se base pour dire que Mahomet est prophète et Coran parole de Dieu ?D'abord dire que le Coran est la parole de Dieu et que Mahomet est son prophète, c'est avant tout un acte de foi. Mais pas seulement, car on peut étayer son choix par des arguments rationnels pour lesquels il faut distinguer plusieurs niveaux :
- Il faut distinguer la pensée de Mahomet, son expérience.
- Le Coran est un livre fini, cohérent portant un message et un logique interne.
- Dans ce que les musulmans ont fait du Coran, il y a des choix théologiques, avec des dimensions non exploitées, et d'autres a contrario surexploitées.
Mahomet est connu avant ses révélations comme désintéressé, solide. Il persévère dans son message alors que ce dernier ne lui attire que des difficultés. Il semble donc sincère.
Sa révélation est-elle en continuité avec d'autres révélations ?
Pour un chrétien, il y a des enseignements inconciliables avec ce qu'il croit comme reçu de Dieu. Jean-Baptiste s'efface derrière Jésus, comme St Paul, pendant que Mahomet est pris dans les difficultés d'une lutte armée, ne lui permettant plus de décroître. Il y a un durcissement à Médine vis-à-vis des juifs et des chrétiens. Il prétend énoncer l'unique vérité, et accuse ses adversaires d'avoir changé leur révélation. Peu à peu, la théologie musulmane a beaucoup simplifié les choses : Dieu a dicté une parole à Mahomet.
Mais actuellement certains théologiens musulmans commencent à percevoir la difficulté de ce dogmatisme, alors que la plupart des musulmans de base sont encore loin de cette nouveauté. Aussi, il est préférable d'aborder cette question à partir de la notion de révélation.
Enfin au temps de Mahomet, on peut estimer que plusieurs prophètes faisaient le même enseignement en Arabie. Mahomet a donc pu recevoir des prophéties, des révélations à travers sa personnalité, mais on ne peut pas dire que tout ce qui est dans le Coran vient de Dieu. Parce que nos critères finaux de discernement sont doctrinaux et spirituels.
A noter que le critère du succès politique est toujours ambigu, en effet le triomphe d'une religion ne dit pas son degré de vérité…
